Très beau travail d'Alice Ronfard que cette mise en scène de «L'imposture», écrit par Évelyne de la Chenelière, dont c'était la dernière hier soir (je crois) au TNM. J'y allais justement sans attentes et n'ai pas été déçue. Autrement, j'ai aimé la structure du texte, et comment l'auteure nous mène en des terrains, pour habilement nous étonner. J'ai beaucoup aimé le jeu de miroirs des scènes qui se répètent, sont rejouées. Le cadre qui correspond à notre époque dans lequel le fil des idées et des liens se présente du plus récent au plus ancien (on a qu'à penser aux publications d'un blogue par exemple!). J'ai moyennement trouvé pertinentes les différentes citations des chorégraphies (celle mythique par exemple d'Édouard lock, dansé à l'époque par Marc Béland et Louise Lecavalier -en référence je crois aux années 80...) non seulement parce que je ne suis pas fan de spectacles de danses mais parce que je ne vois pas l'intérêt d'en intégrer dans une soirée théâtrale. Mais bon, malgré le thème qui aurait pu être très fort au point de vue dramaturgique, il y a une légerté dans tout cela que l'on aime ou que l'on aime pas.
dimanche 13 décembre 2009
dimanche 6 décembre 2009
Avidité ou sublimation?
Je me demande comment nous en sommes venus à nous «intéresser» à la nourriture à ce point. Je devrais écrire aux recettes. On ne compte plus les émissions télé, les revues, les topo radio, les blogues...consacrés à la cuisine. Que l'on se comprenne bien, je suis une excellente fourchette, peut-être la meilleure que vous ayez à inviter à votre table parce que je fais honneur à tout, je savoure, je déguste, je me régale. J'aime manger, j'adore la nourriture raffinée, la nourriture simple, la nourriture rustique, goûter à des plats provenant de tous les pays, découvrir de nouvelles épices, de nouveaux aliments...gustativement je suis curieuse et enthousiaste...Mais je n'aime pas cuisiner. En fait ça m'intéresse très moyennement et l'idée de regarder une émission de cuisine m'ennuie souverainement.
J'aime conduire une voiture mais ne tentez pas de me parler de la mécanique - je m'en fous!!!
Comme il m'arrive fréquemment de ne pas craindre d'afficher mes couleurs, je me heurte à de l'incompréhension, des regards de réprobation et des réactions ahuries. Quoi?! tu n'aimes pas cuisiner? Sur le ton de: tu dois mal t'alimenter et ne bouffer que du junkfood...C'est quoi cette nouvelle religion?
...Eh bien, il est possible de ne pas cuisiner et de bien s'alimenter! Je me fais des choses simples; légumes à la marguerite, salades et aliments vite cuits. Ce n'est pas de la haute gastronomie mais ça a le mérite d'être éminemment s-im-pl-e. Un point c'est tout.
Qui plus est, ce ne sont vraiment pas tous les gastronomes qui sont épicuriens. Je dois ajouter que je suis de plus en plus irritée par le style «Chef vulgarisateur» qui ne sait pas s'exprimer que l'on voit s'exécuter ici ou là et qui m'énarve mais comme c'est pas possible (je l'écris parce que j'ouvrais la télé pour écouter les infos à la télé et je suis tombée sur ce spécimen de l'émission qui porte un nom tiré par les cheveux - animée par la non moins irritante pseudo chanteuse, people poche)... Des sous produits de kiwis mal dégrossis. Des gars qui prennent le contrôle des cuisines comme on rabote une porte. Totalement inintéressant.
J'aime conduire une voiture mais ne tentez pas de me parler de la mécanique - je m'en fous!!!
Comme il m'arrive fréquemment de ne pas craindre d'afficher mes couleurs, je me heurte à de l'incompréhension, des regards de réprobation et des réactions ahuries. Quoi?! tu n'aimes pas cuisiner? Sur le ton de: tu dois mal t'alimenter et ne bouffer que du junkfood...C'est quoi cette nouvelle religion?
...Eh bien, il est possible de ne pas cuisiner et de bien s'alimenter! Je me fais des choses simples; légumes à la marguerite, salades et aliments vite cuits. Ce n'est pas de la haute gastronomie mais ça a le mérite d'être éminemment s-im-pl-e. Un point c'est tout.
Qui plus est, ce ne sont vraiment pas tous les gastronomes qui sont épicuriens. Je dois ajouter que je suis de plus en plus irritée par le style «Chef vulgarisateur» qui ne sait pas s'exprimer que l'on voit s'exécuter ici ou là et qui m'énarve mais comme c'est pas possible (je l'écris parce que j'ouvrais la télé pour écouter les infos à la télé et je suis tombée sur ce spécimen de l'émission qui porte un nom tiré par les cheveux - animée par la non moins irritante pseudo chanteuse, people poche)... Des sous produits de kiwis mal dégrossis. Des gars qui prennent le contrôle des cuisines comme on rabote une porte. Totalement inintéressant.
jeudi 3 décembre 2009
euthanasie diversive
On apprend aujourd'hui que le gouvernement du Québec "accepte" d'ouvrir le débat sur l'euthanasie. Je me demande en lisant cela combien le gouvernement est prêt à faire diversion en s'obstinant à refuser qu'une enquête publique sur l'industrie de la construction soit menée...
Il semble que les observateurs tombent dans le panneau, cette consultation publique se tiendrait l'automne prochain...On a plus les nouvelles qu'on avait.
En attendant de discuter de la vie et de la mort, on dort au gaz.
Il semble que les observateurs tombent dans le panneau, cette consultation publique se tiendrait l'automne prochain...On a plus les nouvelles qu'on avait.
En attendant de discuter de la vie et de la mort, on dort au gaz.
samedi 28 novembre 2009
Do you speak french?
De plus en plus difficile de se faire servir en français à Montréal. Ces temps-ci je fréquente l'ouest de l'île, par affaires pourrait-on dire, et j'expérimente le recul du fait français...ce que je croyais être une exagération de la part des défenseurs de la langue dans notre belle province.
Chez Saint-Viateur Bagels on nous sert des menus en anglais. La version française est disponible quand on la demande (en français pour être cohérents) et la serveuse qui répond à la question par un yes, no problem... elle même est changée pour une nouvelle avec l'accent un peu moins coincé.
Sur la rue Monkland à la quincaillerie, je demande une ampoule électrique. You dont speak english? que me demande l'employé.
Merde! Je ne suis pas aux fins fonds du West Island, je suis dans NDG. Ndg, bordel, ce même endroit où j'ai grandi, suis allée à l'école, ai vécu, comme plusieurs de mes compatriotes...
Cela est sans parler du fait que des journaux francophones sont pratiquement introuvables dans cette portion de la ville. J'ai fait des milles pour acheter Le Devoir l'autre matin...
Sur la rue Victoria même chanson. Chez l'épicier, dans les bouis-bouis...Partout!
Je veux bien admettre qu'ils n'ont peut-être pas le réflexe de s'adresser aux clients en français parce que la langue d'usage général dans les parages est l'anglais mais je ne peux m'empêcher de trouver inadmissible que des gens travaillant dans des commerces ne comprennent, ni ne parlent cette langue, même pas quelques mots. Rien à faire, ça me choque.
Ce n'est pas parce que c'est impossible à apprendre; il y a des cours gratuits au centre côte-des-neiges. Certaines personnes se décident après des années de vie au Québec de s'initier à cette langue et à cette culture. Mieux vaut tard que jamais.
Chez Saint-Viateur Bagels on nous sert des menus en anglais. La version française est disponible quand on la demande (en français pour être cohérents) et la serveuse qui répond à la question par un yes, no problem... elle même est changée pour une nouvelle avec l'accent un peu moins coincé.
Sur la rue Monkland à la quincaillerie, je demande une ampoule électrique. You dont speak english? que me demande l'employé.
Merde! Je ne suis pas aux fins fonds du West Island, je suis dans NDG. Ndg, bordel, ce même endroit où j'ai grandi, suis allée à l'école, ai vécu, comme plusieurs de mes compatriotes...
Cela est sans parler du fait que des journaux francophones sont pratiquement introuvables dans cette portion de la ville. J'ai fait des milles pour acheter Le Devoir l'autre matin...
Sur la rue Victoria même chanson. Chez l'épicier, dans les bouis-bouis...Partout!
Je veux bien admettre qu'ils n'ont peut-être pas le réflexe de s'adresser aux clients en français parce que la langue d'usage général dans les parages est l'anglais mais je ne peux m'empêcher de trouver inadmissible que des gens travaillant dans des commerces ne comprennent, ni ne parlent cette langue, même pas quelques mots. Rien à faire, ça me choque.
Ce n'est pas parce que c'est impossible à apprendre; il y a des cours gratuits au centre côte-des-neiges. Certaines personnes se décident après des années de vie au Québec de s'initier à cette langue et à cette culture. Mieux vaut tard que jamais.
samedi 14 novembre 2009
Le divertissement dans sa pure expression
J'ai vu le film "Musée haut, musée bas", hier. Je me suis franchement marrée, amusée...Oh, rien de percutant ou de révolutionnaire mais la brochette d'acteurs fait plaisir à voir même si leur prestation est inégale et que l'histoire farfelue à souhait est parfois couci-couça tant les rebondissements rocambolesques se suivent et ne se ressemblent pas! Je comprends que les critiques n'aient pas vraiment aimé le film parce qu'il n'y a aucune rigueur, aucune logique et quasi pas d'enchainement auquel nous accrocher. Pour l'absurde par contre c'est drôlement réussi et pour qui n'a pas trop d'attentes, c'est un divertissement qui vaut vraiment la peine d'être vu.
Enfin, il y a un plaisir supplémentaire que l'on éprouve à voir ces tics amplifiés et attitudes perverties quand on a fréquenté les musées de plusieurs villes et pays...Parfois la caricature est grossière mais certaines références sont plutôt subtiles et réussies. On se promène dans les degrés et les dédales...
À propos de film divertissant, "Good Morning England", que j'ai pu voir en Suisse le printemps dernier, est un de ceux là aussi mais nettement moins hilarant, qui s'adresse davantage à un boys club ou un public post pubère, mais bon, j'avais apprécié l'humour brit tout de même et l'impressionnante bande son.
Avez-vous vu "Still Walking" ? Si non, courrez y. Appréciable pour toutes les beautés. Image, rythme, humanité. Si vous causiez un peu plus je pourrais écrire - on s'en reparlera...
Enfin, il y a un plaisir supplémentaire que l'on éprouve à voir ces tics amplifiés et attitudes perverties quand on a fréquenté les musées de plusieurs villes et pays...Parfois la caricature est grossière mais certaines références sont plutôt subtiles et réussies. On se promène dans les degrés et les dédales...
À propos de film divertissant, "Good Morning England", que j'ai pu voir en Suisse le printemps dernier, est un de ceux là aussi mais nettement moins hilarant, qui s'adresse davantage à un boys club ou un public post pubère, mais bon, j'avais apprécié l'humour brit tout de même et l'impressionnante bande son.
Avez-vous vu "Still Walking" ? Si non, courrez y. Appréciable pour toutes les beautés. Image, rythme, humanité. Si vous causiez un peu plus je pourrais écrire - on s'en reparlera...
mercredi 11 novembre 2009
Think big s'tie
Sujet incontournable s’il en est un: les ratés de la campagne de vaccination contre la grippe A au Québec…(petit apparté : on ne dit pas «pour» une cause mais bien contre quelque chose. Exemple; pour la grippe, pour la violence, pour xyz…)
Bon, pour tous ceux qui ne le sauraient pas, une campagne de vaccination a lieu au Québec. Le gouvernement établit des listes de gens qui devraient se faire vacciner de manière prioritaire parce que la production de vaccins se déroule à une rythme relativement lent.
Il y a des cocos (insécures, inquiets, ceux qui regardent trop les nouvelles ou qui lisent trop n’importe quoi sur le web… J’sais-tu moi?!) Qui essaient (et certains réussissent) à se faire vacciner avant leur tour. Qui? Des équipes de joueurs de hockey, des «veudettes», la famille «élargie» de certains employés des services de santé...Bref, ceux et celles qui se considèrent importants et essentiels à la vie en société. Des débats ont lieu. Devrait-on piquer tel ou tel en priorité? Qui est le plusssse à risque?, et des meilleures et j’en passe…
Entretemps, à quelques kilomètres de la frontière (aux États-Unis), il est possible de payer pour se faire vacciner.
La seule chose que je me dis c’est: quand on est big, on est big jusqu’au bout. Si on a pas la patience d’attendre son tour, comme tout le monde et que l’on juge que sa situation est suffisamment au dessus de la mêlée….ben qu’on prenne les moyens pour! C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Ils semblent en effet considérer qu'ils sont exceptionnels mais qu'ils ont le droit d'avoir le même accès aux services que Madame toulemonde (coût du vaccin assuré par l’assurance maladie), en priorité évidemment…
Heureusement qu'il y a encore des journalistes qui dénoncent ces faits...
Parfois j’ai l’impression d’un mauvais vaudeville.
J’ai souvenir de la «Crise du verglas». Je ris (jaune) encore de penser que les gens se plaignaient parce que dans les centres d’hébergement on ne leur fournissait pas de brosse à dent…eh, bien marche, chose! Ceux qui se plaignaient aussi parce que les transports en commun fonctionnaient au ralenti…euh...oui, nous vivons un état de crise, c'est nor-mal...
On peut constater que dans notre belllleu société, certaines catégories de gens se considèrent essentiels. Que deviendrions-nous sans équipe de hockey? Que deviendrions-nous sans nos chers artisteeeeeeux? Il est intéressant de constater comment en temps de crise nous évaluons ce qui est de l’ordre du service essentiel. Que deviendrions-nous sans nos gestionnaires?
Il y a des cocos (insécures, inquiets, ceux qui regardent trop les nouvelles ou qui lisent trop n’importe quoi sur le web… J’sais-tu moi?!) Qui essaient (et certains réussissent) à se faire vacciner avant leur tour. Qui? Des équipes de joueurs de hockey, des «veudettes», la famille «élargie» de certains employés des services de santé...Bref, ceux et celles qui se considèrent importants et essentiels à la vie en société. Des débats ont lieu. Devrait-on piquer tel ou tel en priorité? Qui est le plusssse à risque?, et des meilleures et j’en passe…
Entretemps, à quelques kilomètres de la frontière (aux États-Unis), il est possible de payer pour se faire vacciner.
La seule chose que je me dis c’est: quand on est big, on est big jusqu’au bout. Si on a pas la patience d’attendre son tour, comme tout le monde et que l’on juge que sa situation est suffisamment au dessus de la mêlée….ben qu’on prenne les moyens pour! C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Ils semblent en effet considérer qu'ils sont exceptionnels mais qu'ils ont le droit d'avoir le même accès aux services que Madame toulemonde (coût du vaccin assuré par l’assurance maladie), en priorité évidemment…
Heureusement qu'il y a encore des journalistes qui dénoncent ces faits...
Parfois j’ai l’impression d’un mauvais vaudeville.
J’ai souvenir de la «Crise du verglas». Je ris (jaune) encore de penser que les gens se plaignaient parce que dans les centres d’hébergement on ne leur fournissait pas de brosse à dent…eh, bien marche, chose! Ceux qui se plaignaient aussi parce que les transports en commun fonctionnaient au ralenti…euh...oui, nous vivons un état de crise, c'est nor-mal...
On peut constater que dans notre belllleu société, certaines catégories de gens se considèrent essentiels. Que deviendrions-nous sans équipe de hockey? Que deviendrions-nous sans nos chers artisteeeeeeux? Il est intéressant de constater comment en temps de crise nous évaluons ce qui est de l’ordre du service essentiel. Que deviendrions-nous sans nos gestionnaires?
mercredi 28 octobre 2009
À l’impossible nul n’est tenu
Pourtant, pari réussi dans le cas de «De l’impossible retour de Léontine en brassière». Offert par le Groupe de Poésie Moderne au Théatre d'Aujourd'hui. Commentaire que j’écris «à chaud», à la sortie de la pièce. Non seulement je me suis dilatée la rate mais j’ai aussi apprécié la profondeur de cet humour tout en finesse. Les références jubilatoires à l’histoire de l’art, les clins d’œil aux personnages plus ou moins marquants de notre patrimoine, les tournures qui frisent parfois l’exercice de style m’ont vraiment beaucoup, beaucoup plu. Efficace, touchant, désopilant.
Les comédiens (et la comédienne) s’en donnent à cœur joie (pour notre plus grand plaisir) dans ce jeu tout à fait sportif et riche. Le mot plaisir serait celui qui décrirait le mieux l’état dans lequel je me suis trouvée durant le temps (qui m’a paru trop court) de cette représentation.
L’écran (malheureusement approximativement fabriqué – qui semblait un peu fragile aux manipulations) sert bien dans le contexte et à la mise en scène. La musique est très bien fignolée, elle se joue, elle aussi de références plus ou moins marquées à des courants musicaux connus et moins connus: Schaeffer, Xénakis, etc. Ai également été soufflée par le rythme, l’équilibre des tensions comiques – dramatiques.
Les comédiens, dont l’énergie déployée semble unir autour d’un projet commun (me semblait-il) offrent une palette d’émotions, ma foi, très large. J’ai particulièrement apprécié celui de Christophe Rapin parce que très intense mais ils sont tous bons!
Si vous pouvez, courrez entendre ce texte qui fait beaucoup de bien en ce novembre qui pointe. On nous le sert en plusieurs saveurs : les mots sonnent tantôt comme du Marc Favreau, tantôt comme du vieux français, tantôt comme quelqu’un qui tente d’apprendre le français, tantôt comme la langue parlée dans la rue…Et tutti quanti. C'est une langue subtile, dynamique et vivante: moderne, quoi!L’écran (malheureusement approximativement fabriqué – qui semblait un peu fragile aux manipulations) sert bien dans le contexte et à la mise en scène. La musique est très bien fignolée, elle se joue, elle aussi de références plus ou moins marquées à des courants musicaux connus et moins connus: Schaeffer, Xénakis, etc. Ai également été soufflée par le rythme, l’équilibre des tensions comiques – dramatiques.
Les comédiens, dont l’énergie déployée semble unir autour d’un projet commun (me semblait-il) offrent une palette d’émotions, ma foi, très large. J’ai particulièrement apprécié celui de Christophe Rapin parce que très intense mais ils sont tous bons!
Bref, on s’amuse et on dédramatise à l’aide de concepts, d’une musicalité, de la poésie…de la vie!
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