dimanche 3 octobre 2010

Sans bruit

Ils sont arrivés. Ils ont acheté les maisons à fort prix. Ces humbles maisons d’ouvriers construites sur un sol argileux sur des terrains bien souvent exigus. Ils ont fait exploser les taxes et garni les coffres de la ville. Ils font rouler l’économie comme des bulldozers dégoulinants d’or. Les oiseaux se sont tus.

Il y a plus de vingt ans que j’habite sur le plateau Mont-Royal. Il est vrai que j’y suis arrivée d’abord par choix; parce que le logement (une coopérative d’habitation) était abordable et que je souhaitais m’établir dans un quartier, sur une rue, dans un logement pour longtemps et me faire un environnement sain, sécuritaire et paisible.

Mes voisins d’alors étaient des vieux, des jeunes, des artistes. Les vieux ne faisaient pas trop de bruit et assuraient une veille incomparable, ils recueillaient les chats errants et nourrissaient les moineaux. Les jeunes et les enfants jouaient dans la ruelle et les artistes tenaient parfois des fêtes d’où on pouvait entendre sonner de la musique.

Quelques vieux chars se stationnaient sur la rue, des «minounes» bringuebalantes et rouillées. Le quartier était tranquille et les jours se passaient sans trop de heurts.

Un jour, une vielle est morte en face. Son duplex s’est vendu 59 000. Je l’aurais bien acheté mais je n’en avais pas les moyens. Puis une autre est décédée à côté. Les nouveaux voisins sont débarqués avec plein de projets en tête, notamment de tout rénover. Pendant des semaines et des semaines ils ont scié, arraché, jeté, abattu, démoli… et reconstruit.

Ça a donné l’idée aux autres. Les hangars (véritables soi-disant «niques» à feu, comme on disait en Québécois) ont été démolis. Pour faire place à des rallonges.

Alors les voisins; ceux au sud, ceux au nord et ceux à l’est ainsi qu’à l’ouest ont eux envie eux aussi d’agrandir leurs maisons. Ils ont construit des rallonges, des terrasses, des étages par dessus, autour de leurs petites habitations, puis des terrasses desquelles on peut maintenant entendre le bruit tonitruant provenant des enceintes sans fil, les beaux soirs d’été. Les vieux sont morts, un à un. Les jeunes sont partis parce que les loyers coûtaient maintenant trop chers.

Ma voisine immédiate l’année où elle a acheté a abattu un arbre centenaire pour faire suffisamment de place pour une piscine creusée dans sa cour. Il n’y a plus de cour, simplement une piscine creusée à 15 pieds de ma fenêtre de chambre et son moteur qui roule de mai à octobre (inclusivement) tous les jours de l’année. Les effluves de chlore et les milliers de litres d’eau rejetée dans l’aqueduc, on en parle même pas. J’ai renoncé à l’idée d’aller relaxer dans mon hamac à l’extérieur les jours de chaleur. À l’époque j’avais tenté de faire évaluer le niveau de bruit par un inspecteur de la ville. Comme ils étaient deux (pour tout le territoire) et qu’un de ces deux là prend ses vacances l’été, le liste d’attente était très longue…

Il y a aussi les thermopompes qui gênent; assurant la fraîcheur l’été et la chaleur l’hiver. Ces nouveau propriétaires ont impérativement besoin de confort (au prix où ils paient leurs taudis), puisque dans une zone si densément peuplée et bétonnée, l’air devient rapidement irrespirable, alors ils s’installent des climatiseurs, ferment leur fenêtres et ne comprennent pas que le bruit en général peut déranger.

Et il y a les castor bricoleurs; ceux qui font du bureau la semaine et ont besoin de «gosser» pour se détendre les samedi et dimanche matin. Surtout les dimanches matin. Comme ils doivent travailler tout le temps, ils ne sont jamais chez eux pour cause de devoir payer une maison ou un condo à un prix devenu ahurissant.

L’autre matin (vers début juillet), une BMW s’est stationnée dans la zone des vignettes. Ce qui n’est pas exceptionnel en soi puisque maintenant nous avons des Mini Cooper, des Mercedes, des V.U.S.…Le nouveau propriétaire-voisin sud est arrivé : un Français (je ne sais ce qu’ils viennent découvrir du Québec sur le plateau (et à Mtl en général) puisque des Québécois il n’en a guère plus par ici, on se croirait plutôt dans une réplique de république Française…mais bon c’est un autre sujet en soi). Disons simplement que les Français en général ont de belles qualités, ils font des enfants, nous ont amené le bon pain, le goût des fromages, du vin et les épiceries fines…Mais revenons à mon nouveau voisin; sans se donner la peine de se présenter à nous, il a débuté des travaux de démolition et tout arraché dans le duplex. Il y a deux ans, une famille Canadienne avait effectuée les mêmes travaux, à l’époque ça avait pris quatre mois, ils avaient tout «reconstruit» à partir de la charpente mise à nu. Résultat? Ça fait des semaines et des semaines que ça dure. Ça pioche, ça tape, ça sacre, ça pisse dans la cour, ça scie et ça compresse (comme dans; ostie de moteur de compresseur à marde qui part le bal à 6h50 am et qui roule jusqu’à 16 heures).

Sans compter le merveilleux projet à quelques maisons plus bas. Ils ont tout démoli et gardé l’ossature et la façade (un truc extrêmement moche, d’aucun intérêt patrimonial). Alors ils tournent autour de ce maigre squelette depuis le 1er juillet. J’appelle cela de la rénovation à la mitaine. Au lieu de tout démolir et de reconstruire en solide sur des bases appropriées on déshabille pour construire par-dessus des structures bancales. C’est la façon de faire répandue sur le plateau. Vous me direz qu’est-ce que ça peut bien foutre?

C’est que, tous les matins pendant des semaines, nous nous réveillons au son du va et vient des camions qui reculent à une vitesse époustouflante dans la ruelle, arrachant la végétation au passage et rasant les chats, les écureuils et les enfants qui voudraient s’y trouver. Ils déposent containers, matériaux, échafaudages…Alors parfois, oui, je l’avoue, je souhaiterais que ces travaux ne durent pas aussi longtemps…Il paraît que nous en avons pour huit mois…

Et les chats, - l’avez vous remarqué ? - ont fait place aux chiens. Le propriétaire, pour une raison que j’ignore, possède en général un chien, plutôt qu’un chat. Cette bête autrement adorable fait comme son maître : elle jappe. Ce n’est pas dans sa nature particulière de le faire, elle a été élevée pour cela; défendre son territoire. Et comme c’est un des quartier, sinon le quartier le plus densément peuplé au Canada, les occasions d’envahissement sont fréquentes.

Ça, c’est pour le volet shift de jour. Pour le volet shift de nuit, on a le merveilleux stade McGill que l’on entend très précisément puisque des promoteurs brillants ont eu l’idée d’ériger des estrades. Il faut voir la hauteur de ces structures qui dépassent largement en hauteur les édifices environnants pour comprendre comment le bruit des hurlements de la foule peut percuter la montagne et rebondir dans les parages…Et nous entendons également les tours de machine qui proviennent du grand prix. Ces engins fort performants polluent non seulement l’air mais l’atmosphère. Mais bon, nous pouvons nous délecter des mille festivals dont l’animation nous parvient les beaux soirs d’été. Tintamarres et fêtards se donnent rendez-vous pour nous permettre de profiter d’activités épatantes auxquelles autrement nous n’aurions pas assisté.

C’est de la même façon que nous nous pouvons nous farcir vers les 3heures du mat, les délires des petits groupes complètement saouls qui sortent des restos et des bars, ils errent dans les rues tentant de retrouver leur bagnoles en riant à gorge déployée. Je ne suis pas contre le fait d’avoir du plaisir mais un peu de respect pour les résidents serait apprécié. Quand on fait le choix de ne pas avoir de climatiseur les soirs de canicule et que les cris provenant de la rue nous réveillent systématiquement c’est désagréable.

Oui, nous pourrions fuir, comme la plupart de nos voisins. Ils vont passer les w.e. à la campagne, au chalet ou à la mer. Mais nous n’avons pas les moyens de le faire. Savez-vous combien de gens ne peuvent quitter la ville (ou ne sont carrément jamais sortis de la ville) l’été et prendre des vraies vacances dignes de ce nom? Nous sommes plusieurs et nous gardons le silence.

Sans compter le fait que j’ai «la chance» de ne pas habiter en tant que tel près d’une artère commerciale alors je suis épargnée des bruits de camion de livraison dont les moteurs tournent à vide et des éclats de voix des fumeurs qui n’ont d’autre choix que de pomper l’air à l’extérieur…

Notre tolérance au bruit oui, forcément baisse, proportionnellement à l’exposition. Ce n’est pas que nous sommes contre le progrès ou le changement mais tout de même, peut-on admettre une fois pour toutes qu’il y a un sérieux problème. Les clés de la ville sont données aux promoteurs, aux constructeurs, aux spéculateurs, et il y a des conséquences à cela. Résumer la question en affirmant candidement que les bruits provenant des usines et des clochers d’églises s’est estompé (ce qui est, de plus, totalement faux) fait preuve d’ignorance et de désinvolture complètement déconnectées de la réalité.

Dans ces quartiers, la clientèle change. Les besoins changent et les modes de vie changent. Mais est-ce vraiment pour le mieux? Le livreur à vélo a fait place au p'tit gars qui vient pousser les feuilles mortes avec son engin dément. La balançoire a cédé l'espace à la piscine et le hululement de la corde à linge a été remplacé par la thermopompe. C'est le mode de vie 450 version compressée, comprimée. Chacun a ses bébèlles.

Vue la promiscuité, le nombre de mes voisins potentiellement dérangeants s’élève à au moins 20 à l’arrière et 20 à l’avant. Quarante personnes qui vivent les unes par dessus les autres augmente évidemment les chances de se nuire mutuellement.

En attendant, je prends mon mal en patience et je rêve du jour où je pourrai enfin avoir les moyens de déserter à mon tour ces environs qui deviennent chaque jour de plus en plus invivables. Pour aller où? Je ne sais pas, mais chose certaine, je mettrai préférablement des acres entre moi et le voisin le plus proche, au moins statistiquement, j’aurai une chance sur deux de ne pas tomber sur un moron.

vendredi 17 septembre 2010

Autres dossiers «pas d'allure»

Nous vivons dans un monde qui est parfois paradoxal. Les différents paliers de gouvernements se fendent en quatre (comme on dit; ils tentent apparemment, selon leur postures officielles) de favoriser le logement social.
Dans un quartier comme le plateau Mont-Royal, à Montréal (Québec, Canada), les maisons (à l'origine, des humbles demeures d'ouvriers construites sur un terrain argileux- donc instables et bancales, malgré toutes les rénovations qu'on voudra) sont victimes de leur popularité. Entendre; elles se vendent à des prix exorbitants pour ces qu'elles sont réellement. Résultat: depuis une quinzaine d'années, les habitants qui ont fait la gloire des lieux (artistes, vieux, gens ordinaires et autres) ont du déserter parce que les logements devenaient de plus en plus chers. Ça s'appelle de la spéculation immobilière et ça se passe dans tous les pays du monde.
Par ailleurs, pour éviter que les quartiers se vident de leur substance, on affirme officiellement qu'on a un réel désir de favoriser les logements sociaux.
À part les HLM et autres habitations ghettoisantes il y a les coopératives d'habitation. Dans certaines coopératives, un pourcentage de logements (très faible - on en convient) sont dits, subventionnés. C'est-à-dire que leur coût est ajusté selon les revenus des membres-locataires.
Ce genre d'initiative, peu connue, est inestimable pour les bénéficiaires.
Il n'en demeure pas moins que sans ces subventions, les autres logements demeurent à des prix forts concurrentiels du marché.
À mon avis on devrait encourager cela. Les personnes qui habitent dans ces types de logement se garantissent au prix d'efforts et d'énergie considérables une qualité de vie liée à une décence quand aux sommes que l'on devrait normalement investir dans le fait de se loger convenablement.
Or, il se trouve que les coopératives d'habitation doivent payer, annuellement les mêmes taxes que les propriétaires et propriétaires fonciers, qui eux, font un profit personnel et direct lors de la vente de leur(s) immeubles(s) ce qui n'est évidemment techniquement pas le cas pour les coopératives.
Ceci représente une somme astronomique déboursée annuellement quand on habite dans un quartier aussy Trendy que le plateau. Et qui compromet bien souvent les projets d'améliorations, de rénovation, d'agrandissement ou simplement de mise à niveau des édifices souvent en piteux état.
Qui défend les intérêts des coopératives d'habitation? Cela n'intéresse personne.
Pourtant, les organisme sans but lucratif ne paient pas de taxes pour les immeubles leur appartenant (malgré le fait que selon ce qu'en j'en sais, les municipalités voudraient bien mettre un terme à cette situation et renverser la vapeur...).
De surcroit, la Fechimm, censée représenter les intérêts des coopératives d'habitation de la ville de Montréal ne bouge aucunement sur ce dossier.
La situation est particulièrement préoccupante, sachant que l'on annonce de nouvelles hausse de taxes pour l'année en cours.
J'aimerais bien que quelqu'un m'explique cette logique de courte vue et hypocrite.

mercredi 15 septembre 2010

Besoin universel

Première confession; je suis une femme. Deuxième confession; il m'arrive de devoir utiliser les toilettes publiques. Troisième confession; je voyage fréquemment.
D'emblée; qui aime utiliser les toilettes publiques qui sont en général sales, inconfortables et exigües?
Je me demande vraiment qui sont ceux qui «pensent» la configuration des toilettes publiques, côté féminin. Pour la saleté, c'est à Montréal (Québec -Canada) que je l'ai trouvée, bien plus qu'ailleurs. Au moins, dans les pays où il faut payer pour avoir accès, l'entretien est assuré. Disons simplement que toute propreté étant relative, ici n'est pas le but de mon propos. (Tant qu'à moi, l'horreur est au café Leïca; que je fréquente assidument et dont j'apprécie l'ambiance, la nourriture et la clientèle mais dont l'état des chiotes ferait fuir qui ne connaît pas bien la devanture....) Et si on juge d'un établissement pas ses antres...
Mais tenons nous en à la configuration;
Imaginons que dans cet espace plus souvent qu'autrement réduit, on doive poser son sac, se dévêtir, s'asseoir (ou pas, c'est selon) ou du moins s'accroupir...
Neuf fois sur dix on ne dispose pas de suffisamment de place pour parvenir à fermer la porte sans essuyer avec nos vêtements les liquides qui suintent du bol.
Neuf fois sur dix il n'y a pas de crochet qui nous permette à la fois de suspendre notre sac (pour éviter qu'il traîne dans la saleté au sol) ET nos habits.
Neuf fois sur dix, on se cogne la tête à la porte pour pouvoir disposer de suffisamment d'espace pour manoeuvrer (je m'en tiendrai à ce mot).
Sept fois sur dix, il n'y a pas ou plus de papier ce qui nous oblige à devoir fouiller dans notre sac, posé je ne sais où, ni comment...
Le plus souvent nous nous exécutons de manière empressée (quand on sait vivre) puisque dans les édifices, neuf fois sur dix, les concepteurs ont pensé un nombre égal de toilettes pour hommes et pour femmes, dans un souci de non-discrimination fort probablement mais sans anticiper le fait que ces dames vont plus fréquemment aux toilettes que ces hommes et que ces dernières doivent disposer de légèrement plus de temps que ces messieurs.
Résultat; une longue file d'attente se forme en général dans, devant, autour des toilettes pour femmes tandis que du côté masculin la voie est le plus souvent libre.
Ce qui renforce un préjugé et une idée reçue générale, c'est donc bien long pour une fille d'aller aux toilettes...
Oui, c'est long mais c'est pcq les architectes sont trop cons pour prévoir un peu plus d'espace et d'unités...
Pour nous (les femmes) c'est ambiance toilettes d'avion 365 jours par année...

mercredi 4 août 2010

Je me souviens

Ai vu Memento hier soir. J'aime les films complexes. Celui-là exige que l'on soit quelque peu attentifs. En ce moment il y a controverse autour de la fonction du cinéma. À quoi sert le cinéma?
Je réponds; à rien, justement. Si on considère que c'est un art (parfois mineur, parfois majeur) il me semble qu'il serait souhaitable qu'il ne serve justement à rien de précis. L',art ne devrait jamais être considéré sous un angle utilitaire!
L'obligation de divertir nous vient des États-Unis. Pays que j'ai parcouru abondamment et qui m'étonne à chaque fois par son uniformité et son nombrilisme, le cinéma États-Unien m'ennuie, la plupart du temps.
Alors, j'aime les films qui me font rêver, ceux qui me font réfléchir et ceux qui me distraient. Or, la nuance entre la distraction et le divertissement est subtile, c'est le comique.
J'haïs les films supposément drôles (les comédies) parce que par définition lorsqu'on va les voir, on s'attend à rire et on est à 99,9 % du temps déçus.
En ce sens, je suis une vraie fille (reste à voir si je le suis dans le réel!?) J'aime les feel good movies finement menées, on s'attendrit et on passe un bon moment.
J'aime les films d'animation, les sciences fictions mais comme je ne carbure pas à l'adrénaline, je déteste les films d'horreur, les films «gore». Je ne rechigne pas à voir un bon triller ou un suspense. Tant qu'il n'y a pas d'effusion d'hémoglobine.
Avez vous remarqué combien la majorité des gens sont désensibilisés à la vue du «sang» ? Ça m'affecte comme si c'était du vrai et ne tentez pas de me dire que c'est du faux, j'ai déjà vu ça de près (le faux) et ça me faisait le même effet.
Tout cela pour dire que j'irai voir Inception très très prochainement. Aimerai-je cela?

mardi 22 juin 2010

Les amours vrais

Suis allée voir le film «Les amours imaginaires». Touchant. En fait, ce film ne peut qu'interpeller ceux et celles qui s'en sont déjà fait croire. Cela me rappelait bien des souvenirs; les petites barres au mur de la salle de bain; c'est moi.

Quel est pire revers qu'un amour à sens unique? On se sent moche, on se demande si un jour on pourra être aimé. On tente d'investir les autres sphères de sa vie, sans grand succès. Mais le pire, c'est le bellâtre qui nous fait croire (minimalement et en silence, la plupart du temps) qu'on a tout inventé. On n'invente rien, ou si peu. Ce personnage m'a agacée mais parce que j'en ai connu des comme ça. Ceux qui te laissent patauger dans le silence.

Des trop «mean» pour au moins te refléter que t'es pas si pire, que t'es pas si moche pour te faire au moins un petit compliment! et surtout, surtout pour apprécier le talent et l'énergie déployée!

Mais bon, ce jeune réalisateur très prometteur abuse des plans au ralenti ce qui alourdit un peu l'ensemble. Les extraits «d'entrevues» m'ont beaucoup fait marrer et particulièrement ceux de la jeune fille à lunettes, parce que je me suis reconnue et que ça fait aussi du bien parfois l'auto-dérision. Parce que le problème est l'inégalité.

Il est là, l'espoir, un jour on se réveille et on se dit que tant qu'on se respecte, on acceptera jamais plus d'être ignoré.

dimanche 6 juin 2010

Mountain View

...ahhhh, Mountain View, j'aimerais bien y aller un jour... En attendant, chère lectrice, cher lecteur persévérant(e) vous me lisez depuis suffisamment de temps pour savoir que je monologue bien contre moi en ces pages et les autres ne font que passer tandis que vous persistez. Soyez chou, laissez-moi un petit mot, un commentaire, dites-moi que vous n'êtes pas d'accord avec ce que j'écris! Si vous vous manifestez, je pourrai au moins être confrontée à cette idée de faire fausse route en pensant que l'espoir de dialogue est vain...
Et les autres aussi (dont ceux qui ne cessent de «taper» opium 37!) :)

Apple versus PC

Encore une fois on s'acharne à tenter de dénigrer Apple. On voit déferler ces vagues de dépréciation qui apparaissent à chaque fois que la compagnie lance un nouveau produit.
Après lecture de cet article j'ai envie de répondre;
À vouloir démoniser une compagnie qui n'a d'autres objectifs que de faire des sous c'est investir beaucoup d'énergie dans un faux débat, une lutte sans grand bon sens. Internet, ce n'est pas l'armée du salut. Et c'est tout sauf de gauche. Le reste, c'est du marketing. Du bon marketing et ce qui dérange chez les détracteurs d'Apple c'est la popularité des produits créés, l'engouement. On doit admettre que cette cie est à l'avant-garde des tendances…Ils sont forts.

Peut-on vraiment reprocher à des gens de préférer ce qui est beau, design, esthétique, épuré, et ce qui effectivement n'est pas accessible à tout le monde? Il y a un marché pour les produits de luxe comme il y a un marché pour les produits tendance. Est-ce bien, est-ce mal? Qui suis-je pour en fixer les limites? Demander à Apple de rendre ses contenus plus ouverts c'est comme d'essayer de convaincre un propriétaire de Volvo de le remplacer pour un moteur de Chrysler ou de Suzuki. Ça ne correspond ni à leur marché, ni à leurs voeux. Ils ont le mérite d'être clairs là-dessus.

C'est bien connu que si la majorité des gens se mettaient à acheter tout bio il n'y aurait pas suffisamment de nourriture pour tout le monde. Il y a certaines inégalités, certaines injustices qui sont cruelles mais le fait est que le web est soumis aux mêmes lois que le marché dans un système capitaliste. C'est le plus fort qui l'emportera même si ce n'est pas toujours social démocrate.

Entre nous, hors d'Apple, les contenus et les services ne seraient-ils pas de toute façon de plus en plus payants?

Concernant le fait que ses produits soient exclusifs, rien n'oblige une compagnie à rendre ses produits et accessoires compatibles avec tout ce qui se fait sur le marché. Et en fait de compatibilité, un pc reste un pc, beaucoup de possibilités dans l'absolu mais bien des ratés dans le concret à moins d'être un geek accompli et de pouvoir régler la machine quand elle toussote, je demeure avec Apple parce que je gère mon ordi comme j'entrevois une voiture qui démarre, beau temps mauvais temps et je ne veux pas nécessairement savoir ce qui se passe sous le capot.

Les grandes compagnies voudraient bien avoir le contrôle du net. Est-ce que ce serait préférable que ce soit Microsoft qui l'aie? À sa manière? Nah.

Franchement, je m'inquiète davantage de savoir que seront les contenus d'Internet qu'avec quels outils nous naviguerons demain. C'est la technique qui est en train de modeler nos possibilités de communications présentes et à venir. Des sites comme foursquare qui sont des mouchards qui relaient de l'information à je ne sais quels intérêts me préoccupent davantage.

Pour l'heure, tant qu'un outil me donnera la possibilité de dire ce que j'ai à dire et de lire le plus de points de vue différents sur une question donnée, ça me va.

Mettre son énergie à prouver quel est le plus fort est peine perdue, il y en aura toujours un qui sera pour une raison ou une autre supérieur jusqu'à ce que le suivant le supplante. Quand Apple sera restrictif au point d'avoir le contrôle sur les contenus…peut-être. Et encore, si ce sont les désirs de la majorité, pourquoi s'y opposer, acheter c'est voter et le peuple-consommateur fait ses choix. Pour l'instant (Apple et les autres d'ailleurs), ne font qu'orienter leurs clients vers des partenaires précis ou des compagnies et produits associés.

Un être humain normalement constitué n'a pas besoin d'avoir mille possibilités. Il peut aussi avoir le choix entre quelques alternatives. Ça choque peut-être l'occidental (ou le babyboomer?) qui veut tout avoir tout de suite, toutes les possibilités, sous toutes les déclinaisons, mais je ne suis pas certaine que ce soit vraiment nécessaire…?

En ce sens, oui, il y quelque chose de restrictif de contraignant dans leurs approches et leurs mises en marché mais au fond, à part pour les concepteurs, les bidouilleurs et ceux qui utilisent (dans tous les sens du terme) professionnellement la technique en question; le consommateur, lui, ne trouve-t-il pas son compte? À court terme du moins. Parce qu'à moyen terme c'est sain qu'il y ait de la concurrence et différentes visions qui puissent être représentées.

Je ne pense pas qu'Apple, tout puissant soit-il, menace réellement… La preuve, les compagnies planchent toutes sur des machines semblables au IPad et l'offriront pour beaucoup moins cher et des tas de gens les achèteront parce qu'elles seront moins chères…exactement ce qui s'est passé avec le ipod.

Ce qu'on ne peut certainement pas enlever à Apple c'est de séduire et de proposer des outils fiables et robustes en plus d'être vraiment vraiment sexy et ça, ça n'a pas de prix ;)